Scaramouche
Scaramouche
17 juin 2005
Scaramouche

Les «masques» n’étaient pas seulement des personnages de théâtre, ils étaient comme des personnes vivantes débarquées sur la scène, ils dansaient dès qu’ils en avaient l’occasion. Du reste, la danse était un peu l’expression de la joie tumultueuse des bouffons: gaillardes, pavanes, espagnolettes, sarabandes, courantes et chacones. C’est dans cette attitude carnavalesque que se présentent à nous les masques de Callot et les acteurs de la Commedia dell’Arte.

Marco Apollonio, Storia della Commedia dell’Arte, Rome-Milan, 1930

  • Idée, chorégraphie et scénographie : José Carlos Martinez
  • Assistante : Béatrice Martel
  • Musique : Darius Milhaud (Scaramouche 1937) – additional music Camille Saint-Saëns, Piotr Ilyitch Tchaikovski, Ludwig Minkus, and selected « Bulerias » rthyms.
  • Préparation musicale : Scott Alan Prouty
  • Arrangement musical et piano : Vessela Pelovska, Michel Dietlin
  • Costumes: Agnès Letestu
  • Lumières : Marc Anrochte
  • Première: 26 Mars 2005 – Ecole de Danse de l’Opéra National de Paris – Palais Garnier
  • Dansé par les élèves de l’Ecole de Danse de l’Opéra National de Paris

C’est Brigitte Lefèvre qui a eut l’idée de me confier une création sur le Scaramouche de Darius Milhaud. Elisabeth Platel m’a chargé de cette mission, me laissant toute liberté sur la chorégraphie. Mon intention était de restituer Scaramouche dans l’univers de la Commedia dell’arte et d’évoquer les ballets du répertoire tels que les enfants rêvent un jour de les danser.

Scaramouche - photo Sveva Vigevano

Josseline Le Bourhis m’a aidé dans quelques recherches historiques. Et puis, en venant à Nanterre repérer les élèves avec lesquels j’allais travailler, j’ai pu les observer derrière les vitres du studio… et je les ai vus m’attendre avec une excitation joyeuse, s’exerçant aux pirouettes, faisant les clowns, laissant libre cours à leur invention débridée! L’idée m’est alors venue de montrer ce qui se passe et… ce qui pourrait se passer avant le cours. Le ballet Scaramouche est devenu une sorte d’escapade rêveuse et ludique qui met en scène l’imaginaire des élèves avant que ne commence le travail sérieux.

C’est la première fois que je réalise une chorégraphie pour de jeunes enfants. Aussi, afin de mieux les connaître, leur ai-je proposé des « ateliers chorégraphiques » comme à des professionnels, durant lesquels je leur ai demandé d’improviser à partir d’un thème ou d’une musique. Au fil des jours, je les ai vus se libérer de leur réserve initiale et laisser transparaître leur créativité. J’ai retenu les plus intéressantes de leurs propositions et je les ai associées à la trame du ballet. Celui-ci est composé à la manière des grands « classiques » : le premier acte présente les personnages et noue l’action, le deuxième ouvre sur un monde onirique – c’est « l’acte blanc » – le troisième est celui du divertissement. Tous les modes d’expression sont convoqués: pantomime, danse de répertoire, fantaisies ou improvisations travaillées dans l’esprit de la Commedia dell’arte, mais aussi voix et instruments. Si dans mon ballet les personnages de la comédie italienne sont tous reconnaissables par leur costume, seul Scaramouche est détourné de sa fonction traditionnelle. A. Letestu est partie des costumes historiques des personnages de la Commedia dell’arte pour les transposer dans des formes et des matériaux contemporains, tout en respectant certains détails vestimentaires. Ce «détournement» consiste, par exemple, à poser une collerette sur un costume d’Arlequin réinterprété en toile de jean.  

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