Du film au ballet
Du film au ballet
1 juin 2008
Du film au ballet

L’une de mes motivations principales pour chorégraphier  « Les Enfants du Paradis » est de développer la formidable potentialité du spectacle et de sa magie : sur la scène, coté salle, coté coulisses, le mélange troublant de la vie réelle et de l’univers scénique; d’exploiter aussi l’opportunité de donner  les représentations de ce spectacle au Palais Garnier avec son apparat, sa machinerie et ses parties publiques qui sont autant de décors presque analogues à ceux du film.

« Les Enfants du paradis » m’a semblé aussi un film très chorégraphié, par ses scènes de foule qui alternent avec des duos, trios (un peu comme dans un grand ballet classique), les mouvements de la caméra faisant partie intégrante de cette chorégraphie.

Si un spectacle chorégraphique peut suggérer des situations par les mouvements du corps, représenter des émotions par des images fortes, s’il permet des évocations poétiques parlant à l’imagination du spectateur, s’il peut montrer les relations entre les personnages, en revanche il ne peut pas par essence s’attarder à des détails anecdotiques ni révéler des complexités psychologiques qu’un dialogue de cinéma peut exprimer avec réalisme ou ironie.

Ainsi le film reposant sur les contrastes les plus tranchés (les bons , les méchants, les pauvres , les riches , les artistes, les bourgeois, les amoureux, les êtres au cœur sec…) peut être traduit par la danse : sans chercher à illustrer la subtilité et la brillance des dialogues de Prévert, l’on peut transposer cette fresque populaire, ce poème magique sur l’amour fou, en gardant le parfum du film, ce « réalisme- romantique » si cher au duo « Carné – Prévert ».

« Les Enfants du Paradis », devenu un film-culte et connu de tous, impose certes le respect (ne pas s’écarter du scénario original et suivre les indications des auteurs), mais autorise aussi la possibilité d’adapter certaines scènes aux particularités du spectacle vivant.

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